Brochures Août ’22

Quelques réimpressions de brochures plus ou moins récentes… la plupart sont disponibles en pdf sur infokiosques.net

 

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Nouveautés Juillet ’22

Une des dernières sorties des éditions Grevis, Écofascismes, Antoine Dubiau : « L’écofascisme semble réductible à sa fonction d’insulte politique. Cet usage masque les appropriations concrètes des enjeux écologiques par les idéologies et les organisations fascistes. Si l’extrême-droite paraît à première vue hostile à toute politique environnementale, il existe bien un risque écofasciste s’adossant à une véritable conviction écologique ainsi qu’à de robustes bases idéologiques. Contrairement à sa conception politique courante, l’écologie n’est donc pas naturellement de gauche. Le discours écologique doit être clarifié pour échapper aux différentes formes de fascisation de l’écologie. »

Une nouvelle traduction du roman génial de Ursula K. Le Guin, Les Dépossédé·e·s. Cette « utopie ambigüe » publiée pour la première fois en 1974, compare du point de vue d’un habitant d’Anarres, deux planètes au fonctionnement différent, l’une capitaliste (Urras) et l’autre communiste libertaire (Anarres). Un texte de SF résolument politique autoédité par Bus Stop Press et Seitan’s Hell Bike Punks (qui sont également à l’origine du fanzine Papercore, voir plus bas).

Après Coup deux barres (sur la grossesse indésirée et l’avortement), À quoi tu joues ? (qui questionne les jeux et jouets genrés) et Vent de face (des témoignages de personnes subissant des oppressions au quotidien), et en attendant leur prochaine publication sur le sujet du féminisme transinclusif (Des féministes dans quel genre ?), les Éditions des trois canards ont sorti Juste un bisou… et puis quoi encore ? « Sacha est bien content de voir ses tontons et sa mamie, mais moins de devoir leur faire des bisous à tout prix. Heureusement, il a plus d’un tour dans son sac et propose des alternatives aux bisous lorsque l’on n’a pas envie d’en faire. L’histoire est prévue pour la tranche 2-5 ans, même s’il n’y a pas d’âge limite pour questionner son rapport au consentement, en particulier vis-à-vis des enfants ! » On y apprend même quelques mots de LSF (Langue des Signes Française).

Plusieurs livres de l’Atelier de Création Libertaire, maison d’édition lyonnaise fondée en 1979, dont :

  • Journal-manifeste d’un tipi dans la ville, Thomas Hawk : « 2011, des camps nomades se montent sur les places des centres-villes de l’hexagone. Sur le plateau de la Croix-Rousse, à Lyon, des tipis, des yourtes et des bus s’installent illégalement pour faire exister un espace de liberté et expérimenter collectivement une autre manière de vivre. Quelques tipis sont restés dans la ville, déménageant dans le jardin d’une maison occupée. Ce journal raconte cette histoire. Comme un clin d’œil aux derniers terrains vagues, il se révèle être un manuel de poésie quotidienne qui fait l’éloge des friches. À travers ces pages, Thomas Hawk raconte son aventure et ses quelques mois passés à vivre en tipi dans la ville. »

  • Emma Goldman, Une éthique de l’émancipation, Max Leroy : « Cette biographie, la première en langue française, retrace l’histoire de cette militante inlassable de l’émancipation, à la fois libertaire et communiste, féministe et nietzschéenne. Née en Lituanie et morte à Toronto, sa vie se lie aux deux siècles qu’elle escorta : des grèves ouvrières états-uniennes à la Première Guerre mondiale, de la ­Russie rouge à la Catalogne, de la montée du fascisme à la lutte contre le nazisme, Goldman fut de tous les fronts – et jamais la prison, l’exil et la mise au ban n’entamèrent sa détermination. »

  • Indios sans roi, Rencontres avec des femmes et des hommes du Chiapas, Orsetta Bellani : « Cet ouvrage, qui a par bien des aspects la forme d’un carnet de route, nous rapproche au plus près des communautés zapatistes du Chiapas. Les personnes qui ne seraient pas informées sur l’insurrection zapatiste y trouvent des éléments pour remonter aux origines du mouvement tandis que les autres y puisent des informations actualisées et sans doute des ouvertures sur des aspects peu connus de la vie des communautés. Chaque thématique est abordée par le biais d’une rencontre avec des femmes et des hommes engagés au quotidien, qui ont pris en main le changement et agissent par le bas. Il n’est pas question d’encenser les zapatistes, présentés avec l’approche critique nécessaire, mais bien de rappeler que le changement est toujours en acte au Chiapas, même si les zapatistes ne font plus la une de la grande presse… À leur façon ces hommes et ces femmes montrent qu’un autre monde est possible. »

  • Pour un municipalisme libertaire, Murray Bookchin : « Depuis plus de quinze ans, la brochure Pour un municipalisme libertaire est l’un des textes les plus diffusés de l’Atelier de création libertaire. Pour nous, la raison en est simple  : un certain nombre de libertaires – ainsi que des personnes s’intéressant à un engagement conséquent dans une politique du quotidien – trouvent dans les propos de Murray Bookchin des idées leur permettant d’avoir, non pas une réponse, mais quelques pistes pour bousculer les a priori. D’un côté, celui qui déclare la démocratie morte ou, pour le moins, très ankylosée, et, de l’autre, celui qui affirme n’y avoir plus d’espace dans nos villes, dans nos quartiers, pour une politique libertaire du quotidien… »

La couverture du #6 de l’excellent trimestriel L’Empaillé est parlante : c’est l’été, c’est brûlant et pourtant, c’est probablement un des derniers étés les plus frais qu’on a l’occasion de vivre, tant que ce vieux système capitaliste tiendra debout… On trouvera dans ce numéro : un bon tacle à La Dépêche, une balayette à un groupe ariégeois d’extrême-droite confusionniste, un uppercut aux projets urbanistiques délirants à Sète et à Toulouse, un front kick aux projets éoliens industriels en Occitanie, une interview d’une militante d’Act Up Sud-Ouest, un retour sur le DTour qui a sillonné l’Occitanie pendant l’entre-deux tours des pestilentielles, … et on peut s’abonner ici.

Après un #0 qui a été un succès, Nantes Révoltée devenue Contre Attaque sort un nouveau numéro de 68 pages : un dossier sur la technopolice et la société de contrôle (pass
sanitaire, fichage et monde « sans contact »)
, un retour sur la tentative de dissolution de Nantes Révoltée et une histoire de cette procédure d’exception, un décryptage de l’industrie nucléaire, du graff, des banderoles, des tags, des luttes féministes, de l’écologie, …

La revue Epectase est née il y a deux ans et demi « d’une envie de rassembler diverses approches, réflexions, visions autour de l’érotisme. Un érotisme sauvage qui ne se laisse pas enfermer dans des normes, des étiquettes ou des jugements moraux. Un érotisme qui cherche à s’émanciper des schémas oppressifs et des postures d’autorité. » Et voici le #5 qui comporte des contributions en quatre langues (français, anglais, allemand et italien) d’une dizaine de personnes provenant de 6 pays différents (on peut trouver les traductions sur leur site).

Les #7 de deux très chouettes punkzines en partie produits à Toulouse :

  • Dans Papercore, il y est question d’un infokiosque tokyoïte, d’anarchistes ukrainiens face à la guerre, d’ateliers DIY de réparation de vélos, et de nombreuses chroniques de livres, zines et albums. (in english)
  • Et dans Karton, on pourra lire les interviews de Crippled Fox (groupe de trash metal hongrois), de Never Brush My Teeth (artiste d’Athènes qui a dessiné la magnifique couverture de ce numéro), d’un habitant (et chanteur dans Antidigos) de la Caserna Rossani (squat à Bari en Italie), du collectif de rap féminin autogéré PoweRap Girlz, et beaucoup d’autres choses. (FR/EN)

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Nouveautés Juin ’22

Beaucoup de nouveautés ce mois-ci !

Le #6 de Demain Les Flammes est épatant et totalement différent des autres numéros : Nathan Golshem y a recueilli et retranscrit pendant plus de cinq ans les témoignages et anecdotes d’environ vingt-cinq personnes liées au Clandé, un squat toulousain qui a tenu de 1996 à 2006. Il nous transmet ainsi les trajectoires des différent·es protagonistes, mais aussi l’histoire des luttes toulousaines, des récits de concerts, l’évocation de la catastrophe d’AZF, le côté fédérateur des radios libres, etc. Et la couverture en velours rouge et lettres d’or rappellera, à celleux qui l’ont connue, la déco du Clandé héritée de la précédente utilisation du bâtiment. « La légende raconte que, au cœur d’un ancien bordel à l’architecture baroque ravi à la rapacité du marché immobilier, des gens fougueux et pleins d’espoir s’engouffrèrent à bride abattue dans le tourbillon d’une vie collective. Là, ils vécurent des expériences aussi formatrices qu’exaltantes en conduisant une guerre contre le Vieux Monde. » Le puissant témoignage d’une force collective politique et culturelle qui laisse des traces encore aujourd’hui !

Gros coup de coeur pour les Éditions de la dernière chance ! Dans une démarche complètement DIY, Delphine Bucher réalise de superbes linogravures, a sorti des fanzines illustrant les expressions parfois désuètes et souvent inusitées de la langue française (Aprés nous le déluge), compile les souvenirs de quelques-un·es de ses potes liés à la lecture et aux livres (Zinobium Pertinax), raconte un road trip avec sa soeur dans le Nord-Ouest américain sur les traces de ses écrivains favoris (The Last Best Place) et un voyage de deux mois dans l’Ouest canadien, à travers l’Alaska et le Yukon (Vandura Hotel). Son univers tourne autour de la littérature contemporaine nord-américaine (Jack London, Jim Harrison, …), du cinéma de genre, du rock’n roll, … « Vandura Hotel, c’est une ode aux grands espaces, à la vie sauvage, à l’aventure, au nature writing et à la littérature. Des pages et de la route : La seule vie qui ait du sens. »

La maison d’édition indépendante et associative Grevis basée à Caen, a récemment sorti :

  • Dans la foule, une manif dont vous êtes l’héroïne/le héros, Atelier Les mains dans le dos : Ce livre-jeu réveillera sans nul doute des vieux souvenirs à celleux qui ont connu les « Livres dont vous êtes le héros » dans les années 90. Sauf qu’au lieu de combattre des dragons, des trolls et autres araignées géantes, il s’agit ici de déambuler dans une manif, muni d’objets plus ou moins utiles à la riot, de participer à ce moment de liesse collective tout en réussissant à échapper aux flics et à la répression. Nos décisions ainsi que quelques lancers de dés détermineront la suite de l’histoire… et il y a plusieurs fins possibles !

  • Nous sommes en guerre, Pierre Douillard-Lefèvre : une étude de la militarisation de la police au service de la terreur d’État par un chercheur en sciences sociales qui a été gravement blessé à l’oeil par la police lorsqu’il avait seulement 16 ans.
  • Crimes & Peines, Gwenola Ricordeau : une redécouverte des textes majeurs de l’abolitionnisme pénal et policier, et une réflexion sur les modalités de résolution des conflits.

Les éditions Le Sabot, « Art et Littérature de Sabotage » sont nées de la compilation des cinq premiers numéros de la revue Le Sabot, « Revue Littéraire de Sabotage » en un seul volume, d’autres ont suivi et également des romans et nouvelles. « Les textes, dessins et photographies publiés dans la revue viennent décrire, analyser et embrasser nos réels pour faire apparaître les luttes, les inquiétudes et les désirs qui nous composent : l’acte poétique nous permet d’intervenir sur nos manières de penser et d’agir sur le monde, de le dire sans passivité. Le collectif du Sabot est mobile, mouvant ; des constellations sans ancrage géographique, pratiquant au hasard le vers libre, le dessin numérique ou non, le collage, la science-fiction, la parodie, la gravure ou la nouvelle. »

  • Le Sabot 1-5 : #1 Sabotage ; #2 Saboter le confort ; #3 SEXE ; #4 Saboter le travail ; #5 Violence
  • Le Sabot 6-10 : #6 Terre! ; #7 La Soif ; #8 Saboter la Honte ; #9 Saboter la Ville ; #10 Saboter le Piège

  • plein soleil, natol bisq : « Lancée sur les traces d’un auteur à succès avec qui elle a des comptes à régler, Léa croise la route du Lacis, une nébuleuse cybercriminelle. Pendant ce temps, la rumeur chuchote à travers l’Europe le nom d’une mouvance nouvelle, née à Istanbul, qui depuis le tréfonds de la nuit s’apprête à inonder le jour. »
  • Tabor, Phoebe Hadjimarkos Clarke : « Mona et Pauli ont survécu à d’étranges et immenses inondations. Elles vivent et s’aiment à Tabor, un nouveau monde bricolé. Mais de mystérieux visiteurs, sorciers ou fonctionnaires, viennent en troubler l’équilibre, jusqu’à l’ensauvagement définitif. Comment faire face?
    Anticipation queer pessimiste, dystopie magique ou rêverie révolutionnaire gothique, ce récit explore la possibilité de l’amour et de l’action dans un monde en ruines. »

Quatre bédés des éditions Nada, et une nouvelle parution dans la collection « Petits classiques de l’anarchisme » :

  • Ni web ni master, David Snug : « Après Dépôt de bilan de compétences, David Snug nous livre un manuel d’autodéfense numérique mêlant humour et satire sociale. De la dépendance aux smartphones à l’emprise des réseaux sociaux, de Google à Amazon, de l’ubérisation de l’économie de service aux sites de rencontre, rien n’échappe à son regard impertinent et décalé. »

  • Avec Fire!!, Peter Bagge (auteur underground de comics américain) signe une biographie documentée et décapante de Zora Neale Hurston, femme de lettres à l’esprit libre et à la personnalité flamboyante, une des figures majeures de la Renaissance de Harlem, mouvement de renouveau artistique de la culture africaine-américaine dans le New York des années 1920.
  • Dans Femme Rebelle, Peter Bagge nous raconte l’histoire haute en couleur de Margaret Sanger, militante radicale, provocatrice et controversée, fondatrice du journal The Woman Rebel et du Planning familial et qui a bousculé l’Amérique conservatrice du début du XXe siècle par son combat pour le droit des femmes à disposer librement de leur corps.

  • Gonzo, une biographie graphique de Hunter S. Thompson, Will Bingley : « Iconoclaste, roublard, hédoniste, mythomane, toxicomane et psychopathe, on a tout dit de Hunter S. Thompson. Vrai ou faux, qu’importe. Thompson, journaliste et romancier halluciné (Las Vegas Parano, Rhum Express, …) et intrépide défenseur des libertés individuelles, est au-dessus de la mêlée des commentateurs de ce monde. Voici l’histoire d’un gamin agité de Louisville devenu une icône internationale. Voici une histoire qui retrace les faits mythiques du journalisme « gonzo », sonde les pages les plus sombres de la politique américaine et raconte une vie qui dépasse largement la fiction. »

  • De l’utilité des rebelles, Manuel González Prada : « Dans ces textes, le philosophe et poète péruvien Manuel González Prada (1844-1918), précurseur du modernisme latino-américain, développe sa vision de l’anarchisme, qui réside dans la liberté et le bien-être de l’individu, avec pour corollaire l’abolition de l’État et de la propriété privée. »

Quelques nouvelles acquisitions aux éditions Le passager clandestin :

    • Chroniques de la zone libre, des zad au maquis : fragments de l’imaginaire autonome, Cosma Salé : Ce récit « témoigne de la résolution et de l’imaginaire d’une génération qui a choisi les marges pour tenter de réinventer un monde à la hauteur de ses exigences. Il permet de saisir un peu de la représentation du monde de cette jeunesse en lutte radicale contre la société néolibérale. On y trouvera un peu de ce que Cosma Salé a appris : à respirer et à sentir, à créer et à bâtir contre l’ennui. De la zad de Notre-Dame-des-Landes ou du Testet à la cuisine d’une maison occupée, d’une cabane dans les bois au tissu urbain des squats, on y éprouvera peut-être un peu de la fièvre et de l’enthousiasme, de la magie et de l’exil de sa génération. C’est un petit traité sur l’esquisse des marges, un manuel d’usage du monde libre, les fragments d’un imaginaire qui a désormais sa dynamique propre. »
    • Utopie du logiciel libre, Sébastien Broca : « Né dans les années 1980 de la révolte de hackers contre la privatisation du code informatique, le mouvement du logiciel libre ne semblait pas destiné à renouveler nos imaginaires politiques. Les valeurs et les pratiques du Libre ont pourtant gagné d’autres domaines, dessinant peu à peu une véritable « utopie concrète ». Celle-ci a fait sienne plusieurs exigences : bricoler nos technologies au lieu d’en être les consommateurs sidérés, défendre la circulation de l’information contre l’extension des droits de propriété intellectuelle, lier travail et réalisation de soi en minimisant les hiérarchies. (…) Sébastien Broca raconte une histoire dans laquelle les hackers inspirent la pensée critique (d’André Gorz aux animateurs de la revue Multitudes) et les entrepreneurs open source côtoient les défenseurs des biens communs. »

  • Le manège des frontières, Criminalisation des migrations et solidarités dans les Alpes-Maritimes, ObsMigAM : « Les Alpes-Maritimes – entendues comme une région transfrontalière englobant le département français homonyme ainsi que le versant italien de cette frontière – sont devenues en 2015 un pôle migratoire de premier plan, tant par le volume de personnes migrantes concernées que par l’enjeu politico-médiatique que celles-ci représentent. (…) Pour comprendre ce qui s’y joue, l’Observatoire des migrations dans les Alpes-Maritimes réunit ici sociologues, anthropologues, politistes et historien·nes, ainsi que des acteur·ices de la société civile, autour d’une analyse approfondie des processus de frontiérisation, des enjeux de la criminalisation des migrations et des solidarités qu’elle suscite. »
  • La police des migrants : filtrer, disperser, harceler, Babels : « Dans la gestion des migrations, les forces de police sont toujours en première ligne – elles sont les premières représentantes de l’État auxquelles les populations migrantes sont confrontées. Partout en Europe et à sa périphérie, ces dernières sont filtrées, dispersées, harcelées. Un tel déploiement de l’arsenal policier pour affronter des problématiques qui le dépassent ne peut qu’entraîner l’irruption de la violence contre les personnes migrantes. »

Blanche tire sa révérence & Blanche et les seigneurs, Barbara Neely : Ces deux polars réédités ont « pour héroïne Blanche White, femme de ménage et détective amateur, dont la fonction de simple domestique lui permet d’entrer aisément dans la vie privée de ses employeurs et d’y débusquer les mensonges et les demi-vérités pour résoudre des énigmes. Ces romans sont un moyen pour l’auteur Barbara Neely de mettre en cause les rapports de classe et les attitudes racistes des nantis de plusieurs milieux américains. Blanche White, qui a bien entendu la peau noire, devient successivement domestique au Massachusetts et en Caroline du Nord. »

« Les Éditions de la dernière lettre est une maison d’édition indépendante qui s’emploie à diffuser une critique du monde industriel attentive à la diversité des dominations, afin de défricher des pistes pour construire une vie bonne, plus digne et libre pour toutes et tous. Fondée en 2019, elle prolonge le travail d’enquête et de critique sociale que la revue Z mène depuis plus d’une décennie. »

  • Pour l’autodéfense féministe, Mathilde Blézat : « Ni art martial, ni technique de développement personnel, l’autodéfense féministe est un indispensable outil de prévention des violences. L’enquête de Mathilde Blézat auprès de participantes à des stages d’autodéfense montre que c’est aussi le levier d’une profonde transformation de leur rapport à l’intimité et au monde : une arme de la révolution en cours. »
  • Merci de changer de métier, Lettres aux humains qui robotisent le monde, Célia Izoard : « Interpeller directement des chercheurs, ingénieurs et startuppers sur les implications politiques de leur activité, tel est l’objet de ce livre, composé de lettres ouvertes rédigées dans un style piquant, qui mêle la satire et l’analyse. Célia Izoard ouvre ici un dialogue avec les concepteurs des nouvelles technologies pour les interroger sur le sens de leur travail et analyser l’impact social et écologique des grands projets industriels de la décennie, dans un monde en proie à la crise climatique et à l’exploitation au travail. Elle les enjoint à « changer de métier »… »
  • Mauvaises Mines, Combattre l’industrie minière en France et dans le monde, Mathieu Brier et Naïké Desquesnes : « Non sans humour, les huit courts chapitres de cet ouvrage documenté dévoilent les menaces du « renouveau minier » français, les pollutions qu’il implique, ses faux-semblants écologiques et ses tentatives d’échapper au débat public. Du Pays basque à la Bretagne en passant par la Guyane, les résistances et les propositions d’alternatives se multiplient. Ce livre est un appel à les rejoindre. »

  • Notre pain est politique, Les blés paysans face à l’industrie boulangère : « Véritable guide nous emmenant de la sélection du grain jusqu’à la cuisson du pain, ce livre permet de comprendre l’impasse nutritionnelle, écologique et sociale de l’industrie boulangère. Et, à partir des blés paysans, de découvrir la force collective de celles et ceux qui font autrement. »

  • Revue Z #15, Montagne limousine, forêts désenchantées : La revue itinérante d’enquête et de critique sociale continue à visiter et documenter différents lieux en lutte. Après Marseille, Paris, la Guyane, Rouen et Grenoble ces six dernières années, cette excellente revue s’installe dans le Limousin et « s’attaque à la sylviculture industrielle qui détruit les sols comme les corps des personnes qui y travaillent. Avec celles et ceux qui se battent pour des usages populaires et collectifs des forêts, on tente de faire entendre des voix trop souvent recouvertes par le vacarme des machines. »

Le #55 de L’Envolée est sorti le mois dernier. Ce journal anticarcéral qui donne la parole aux « prisonniers et prisonnières qui luttent contre le sort qui leur est fait » continue de sortir régulièrement des numéros. On peut les aider et les soutenir en participant au journal, en aidant à le diffuser et en s’abonnant… Fais tourner le mot !

Le #2 de Torba, journal toulousain à parution irrégulière, nous parle de choses que l’on souhaiterait voir disparaître : les ZFE (Zones à Faible Émission), Elon Musk, le pass sanitaire ; mais aussi de luttes dont on honore la mémoire : l’anarcha-féminisme dans les années 70, la révolte du camp des femmes d’Argelès-sur-mer au début des années 40, l’anarchisme en Espagne en 1936. Il y a même un horoscope, des mots croisés et un jeu des 7 erreurs !

Ville Morne est un beau fanzine de Lille fait par des gentes de Lucane Distro. On y trouve entre autres une interview de Guiff Eud Brank, de Mais qui t’invite, du Cabaret du Coeur Fendu, un récit de la tournée de Kronstadt dans les Balkans, des chroniques de skeuds, de livres, … du rap, du punk, du burlesque pour le #1, vivement le #2 !

Liberté sur veille et Bullshit de droite sont deux fanzines imprimés en risographie par Nounours Vener. Le premier est un fanzine graphique nous donnant à réfléchir sur les privations de liberté et l’autoritarisme d’État. 80 dessins simples mais percutants, comme autant de dessins de presse incisifs commentant l’actualité. Le deuxième est un petit exposé illustré et documenté du concept de compétitivité dans la société capitaliste. « Ceci est une invitation à remettre en question les idées préconçues et redondantes des éditorialistes et politicien·nes corrompu·es, malhonnêtes, ou tout simplement stupides et incompétent·es. »

Deux ouvrages du duo de graphistes Carbone Paroles (Bianca Millon-Devigne et Sylvain Ameil), entre le livre d’art et le guide d’architecture : de belles mises en page, de la poésie, des références techniques et théoriques, des photos de bâtiments, de particularités architecturales, ou d’objets incongrus. Sur un plateau fait le tour de la ville de Saint-Gaudens en Haute-Garonne. Balades d’architecture moderne et contemporaine en Occitanie, Tarn (avec Damien Guizard) se focalise sur différents coins du Tarn et analyse les formes, le bâti, les ambiances et les particularités de ce territoire.

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Toncars de visite

🙂

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Brochures Mai ’22

Quelques réimpressions de diverses brochures, on peut trouver de nombreux pdf sur infokiosques.net.

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Nouveautés Avril ’22

Lux Éditeur est une maison d’édition québécoise d’inspiration libertaire qui existe depuis 1995. On peut notamment trouver dans leur catalogue :

  • Nous n’irons plus aux urnes, plaidoyer pour l’abstention, Francis Dupuis-Déri : « Voter ou ne pas voter, telle est la question qu’on n’ose pas poser dans nos régimes parlementaires, où les élections sont des rituels sacrés. En défendant la légitimité de l’abstention, cet essai attaque de front la conviction selon laquelle le vote serait un devoir, et le refus de voter une dangereuse hérésie. Bien plus qu’une simple apologie de l’abstention, cet ouvrage propose ainsi une critique radicale du système électoral. En plus de rappeler les raisons qu’évoquent des abstentionnistes issus de toutes les couches de la société, l’auteur décrit les stratégies souvent amusantes imaginées pour subvertir le jeu électoral : appel au boycott ou au vote nul, candidatures loufoques et satiriques de plantes, d’animaux, d’humoristes, de punks ou de gnomes anarchistes. Cette galerie des figures de la résistance au vote révèle également les nombreux et puissants mécanismes d’autodéfense du système électoral, qui réussit toujours à imposer ses propres règles, même aux plus contestataires. Aussi, l’abstention n’est féconde que si elle va de pair avec un engagement et des mobilisations autonomes, populaires et solidaires. »

  • Pour une anthropologie anarchiste, David Graeber : « L’anarchisme, en tant que philosophie politique, est en plein essor. Alors qu’ils étaient à la base de l’organisation dans le mouvement altermondialiste, les principes anarchistes traditionnels – autonomie, association volontaire, autogestion, entraide, démocratie directe – jouent maintenant ce rôle dans des mouvements radicaux de toutes sortes dans le monde entier. Et pourtant, cela n’a eu presque aucun écho dans le milieu universitaire. Les anarchistes interrogent souvent les anthropologues sur leurs idées quant aux diverses façons d’organiser la société sur des bases plus égalitaires, moins aliénantes. Les anthropologues, terrifiés à l’idée de se voir accusés de romantisme, n’ont pour seule réponse que leur silence. Et s’il en était autrement ? »

  • Écrits d’une insoumise, Voltairine de Cleyre : « Emma Goldman tenait Voltairine de Cleyre (1866-1912) pour « la femme anarchiste la plus douée et la plus brillante que l’Amérique ait jamais produit », et ce jugement avancé il y a près d’un siècle n’a toujours pas été infirmé. Pionnière du féminisme américain, poétesse, musicienne, celle qui se définissait comme une « anarchiste sans qualificatif » propose une réflexion originale qui touche à un très large éventail de sujets – notamment l’économie, la libre pensée, la philosophie, la religion, la criminologie, la littérature et l’action directe non violente. L’œuvre d’envergure de cette militante passionnée expose les raisons de sa révolte, témoigne de son espérance d’un monde meilleur et demeure, aujourd’hui encore, d’une brûlante actualité. »

  • Fontaines, Histoire de l’éjaculation féminine de la Chine ancienne à nos jours, Stephanie Haerdle : « Ce qui fascine dans l’histoire de l’éjaculation féminine, explique Stephanie Haerdle, c’est d’y découvrir que dans plusieurs cultures, et à plusieurs époques, elle était non seulement une expression parfaitement évidente de la sexualité, mais était révérée. Ce qui soulève une question tout aussi passionnante : pourquoi, à partir du XIXe siècle, l’éjaculation féminine a-t-elle été sans cesse ignorée, honnie ou reléguée au domaine du «fantasme sexuel masculin» ? De l’ère préchrétienne à aujourd’hui, des traités érotiques de la Chine ancienne aux mouvements féministes de la troisième vague, en passant par l’Inde de Vātsyāyana et la Vienne de Freud, l’histoire culturelle et politique de l’éjaculation féminine compose un portrait étonnant et remarquable de la sexualité. Fruit d’une vingtaine d’années de recherche, ce minutieux travail interroge la nature politique de la biologie humaine, offre des perspectives critiques originales sur la médecine occidentale, dominée par les hommes, et rappelle en quoi le sexe de la femme est un champ de bataille. »

Deux nouveaux livres des éditions Divergences sur les tables de la BIM, dont Comment s’occuper un dimanche d’élection de François Bégaudeau (auteur notamment de Entre les murs, qui a été adapté au cinéma et a obtenu la palme d’or à Cannes en 2008). « La question de voter ou non ne porte aucun enjeu. Je suis un abstentionniste non-prosélyte. Je ne fustigerai pas un votant, pas plus que je ne tiendrai un non-votant pour un camarade. Le vote ne devient un sujet que si les votants en font un sujet. C’est souvent le cas. Nombre de votants aspergent de sermons les non-votants, taxés d’incivisme, d’irresponsabilité, d’immaturité, d’individualisme. Les non-votants manquent à leur devoir de citoyens. Ils galvaudent la souveraineté politique qui leur a été gracieusement offerte par la démocratie. C’est ici qu’on est soudain tenté d’entrer dans le débat. De montrer aux électeurs ce qu’ils font quand ils élisent. D’observer qu’alors ils font tout sauf de la politique. » Un livre à lire absolument en ce début d’avril, à la veille des élections pestilentielles.

Subtil Béton est sorti aux Éditions l’Atalante en début d’année. Ce roman d’anticipation écrit à plusieurs mains est le résultat de près de 15 ans d’ateliers d’écriture féministes au sein du collectif Les Aggloméré·e·s. « Zoé est lycéenne lorsque le mouvement social devient insurrectionnel. À force d’assassinats et de disparitions, la révolte est écrasée par le régime. Les révolutionnaires se dispersent alors que l’autoritarisme se renforce. Subtil béton n’est pas l’histoire de cette insurrection, mais de ce qui reste après la défaite. Colères et tendresses se mêlent en de multiples tentatives pour reconstruire espoirs et solidarités. Cette anticipation parcourt les questionnements politiques contemporains : de la précarité au patriarcat, de la surveillance de masse au mal-logement, du racisme aux violences policières. Subtil béton est une œuvre collective, unique, féministe, engagée. » Et elle est accompagnée d’une splendide carte IGN représentant la ville où se passe l’action. Elle a été imaginée et dessinée par Les Aggloméré·e·s et permet de se « plonger dans la réalité de la fiction ».

Le 25 janvier dernier, le sinistre de l’intérieur Darmanin annonce vouloir engager une dissolution du média en ligne Nantes Révoltée. Depuis, pas de nouvelle… il semblerait qu’on ne dissout pas encore si facilement un média indépendant dans une fRance aux relents fascisants particulièrement nauséabonds (à noter qu’entre autres, le Collectif Palestine Vaincra et le Groupe Antifasciste Lyon et Environs ont fait les frais de cet individu qui dissout plus vite que son ombre). En tout cas, dans une sorte d’effet Streisand, la revue Contre Attaque (que le collectif avait sorti un peu avant cette histoire) s’est semble-t-il très bien vendue, et toc ! On y trouvera justement un dossier spécial sur la montée du fascisme et des pistes pour y résister, un hommage à la Commune, un cours d’anti économie, du graffiti, des interviews, des analyses, des jeux, des blagues…

Les Câlins et les Caillasses est un fanzine publié à Brest. 148 pages de poésie, « un travail de la rime, de l’argot, du verlan, des troncations et néologismes ; car le langage est à s’approprier, à tordre face aux carcans académiciens. »

« Audimat éditions prêtent attention à la façon dont la vie résonne dans la musique, en publiant des essais de critique musicale et sociale, d’histoire sociale de la musique, des contre-récits, de l’esthétique sauvage. »

C’est avec joie que j’ai reçu Psycho Disco #6 et Aд-RA #7. Deux très beaux fanzines lyonnais, toujours aussi pointu dans ses références musicales pour l’un et toujours aussi psychédélique pour l’autre. Un régal !

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Brochures Mars ’22

Le 8 décembre 2020, la DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure) interpellait dans plusieurs régions 9 personnes « de la mouvance d’ultragauche » pour « association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste ». 7 d’entre elles sont alors mises en examen et maintenues en détention provisoire. 6 finiront par être libérées sous contrôle judiciaire. Libre Flot, enfermé sous le régime de l’isolement depuis maintenant plus de 15 mois, s’est déclaré en grève de la faim le 27 février. Cette brochure contient le texte qu’il a écrit pour expliquer la situation dans laquelle il se trouve et les raisons qui l’ont poussé à cesser de s’alimenter.

Pour plus d’infos sur cette affaire : https://soutienauxinculpeesdu8decembre.noblogs.org

Une brochure toute récente qui compile des traductions de textes d’anarchistes d’Ukraine, de la Russie et de la Biélorussie à propos de la guerre en cours. Ces textes ont tous été publiés sur le site du collectif Crimethinc qui assure depuis le début du conflit la diffusion et la traduction en plusieurs langues de nombreux textes et témoignages.

Et quelques réimpressions de brochures antisexistes, guides pratiques et fanzines. La plupart sont disponibles sur infokiosques.net

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Nouveautés Février ’22

« Maison d’édition résolument indépendante, Le passager clandestin publie des livres de critique sociale pour, à son échelle, armer les esprits et nourrir les imaginaires de celles et ceux qui souhaitent comprendre le monde actuel et le bouleverser. » Y ont notamment été publié :

  • Vous n’êtes que des poires, Zo d’Axa : ce pamphlétaire anarchiste nous rappelle que « Bientôt, plus que le suffrage, le dégoût sera universel » et que « Voter, c’est se rendre complice. On prend sa part des décisions, on les ratifie d’avance. On est de la bande et du troupeau. » Zo d’Axa lancera même son propre candidat dans la bataille électorale : un âne… On peut dire que ce brûlot anti-électoral écrit il y a plus de 120 ans est encore bien d’actualité !

  • Le féminisme ou la mort, Françoise d’Eaubonne : ce texte fondateur de l’écoféminisme écrit en 1974 ne verse ni dans le réformisme ni dans la tendance spirituelle que l’on peut parfois constater. Françoise d’Eaubonne pose les jalons d’un féminisme qui fait le lien entre l’oppression des femmes et l’urgence planétaire en désignant le capitalisme patriarcal. La préface nous aide à replacer ces idées dans son contexte en proposant des pistes intersectionnelles et décoloniales.

  • Le guide du manifestant arrêté, Syndicat de la magistrature : un guide complet pour connaître ses droits et le déroulement des procédures afin de mieux savoir faire face à un contrôle, une arrestation, une garde à vue, une comparution immédiate ou un fichage. Une manière de rappeler que le droit de manifester a subi et continue de subir de nombreuses atteintes, à force de lois de plus en plus liberticides.

  • Écopunk, Fabien Hein et Dom Blake : « du véganisme à la permaculture, (…) de la création de zones autonomes temporaires dans les villes à la recherche de l’autonomie collective en milieu rural », un tour d’horizon de ce que les punks ont pu apporter comme « nouvelles formes de résistance à l’ordre néolibéral triomphant ». Les auteurs nous montrent ainsi que le punk forme depuis plus de quarante ans un « puissant mouvement contestataire, notamment sur le plan écologique ».

Niet!éditions publie « des textes d’analyse de l’actualité ou d’histoire des luttes populaires et autonomes, en privilégiant les écrits issus d’une expérience directe de la réalité sociale : récits, témoignages, entretiens… » Cette maison d’édition s’est fixée comme objectifs clairs de « proposer, dans une perspective de lutte de classes, une diffusion large des idées et des pratiques anti-autoritaires et anti-patriarcales, et développer un outil collectif en lien avec les luttes. »

  • Un monde sans restaurants vient d’y être publié. Ce roman graphique tout d’abord sorti en 2006 aux États-Unis « adopte le point de vue des travailleuses et travailleurs de la restauration, racontant de manière sensible leur expérience de la dépossession et de l’exploitation. Les rapports sociaux complexes qui s’incarnent dans l’économie en apparence « naturelle » d’un restaurant sont mis au jour, laissant affleurer ce qui se cache sous le steak-frites : le capitalisme ! ».

Le #4 hivernal de L’empaillé (trimestriel de lutte(s) tiré à 26000 exemplaires et disponible dans la plupart des kiosques en Occitanie) cause notamment de Port-la-Nouvelle, de la SAM (usine de Decazeville occupée par ses salarié·es depuis fin novembre), d’une ZAD à Montpellier, de féminisme, de la 5G, et de ce « sac à merde » de Zemmour (mais dans le sud-ouest, ne devrions-nous pas dire « poche à merde » ?). Un des meilleurs moyens de soutenir ce journal est de s’abonner ici.

Le dernier numéro de L’Envolée, journal anticarcéral créé en 2001 qui continue malgré les censures de l’administration pénitentiaire à transmettre la parole des prisonnier·es et de leurs proches à travers des lettres, textes, compte-rendus de procès et émissions radio. À noter que l’abonnement est gratuit pour les prisonnier·es.

Avis est un journal imprimé sur papier kraft par une petite équipe motivée. On peut parfois le trouver collé sur les murs de certains coins du Quercy, du Rouergue et de l’Albigeois en guise de pied-de-nez à certaines municipalités un peu trop autoritaires. Mais il est aussi ouvert sur l’international : il y est notamment question des zapatistes dans ce #10.

La caverne d’Ali Babel entend publier des textes anarchistes traduits d’autres langues (allemand, italien, espagnol, …) ayant un intérêt en terme de réflexions, de discussions et de débats, une somme d’idées auxquelles on puisse piocher à son aise mais aussi se confronter dans la lecture comme dans la pratique.

Le #4 de la revue Epectase est sorti ! Elle continue par le biais de photos, de textes, d’illustrations et de poèmes de proposer des réflexions sur d’autres formes d’érotisme : celles qui cassent les normes, les préjugés, l’autorité. Une auto-interview permet dans ce numéro de mieux connaître la genèse du projet, le processus de création et de diffusion de la revue, les idées qui y sont défendues. Le Projet Évasions qui édite Epectase diffuse également tous ces chouettes stickers.

  • Useless Joints : les délires psychédélicosmicographiques en noir et blanc de Suka Mabuk, un des membres du collectif Aд-RA (qui sort irrégulièrement un fanzine du même nom). Au sommaire : « portraits de flic infiltrés, la vérité sur pourquoi les enfants pleurent, des bd sans bd, des chemins qui mènent nulle part et des nulle-parts qu’on soupçonnait pas d’exister. Et des poils de cul involontairement scannés et photocopiés à l’infini. »
  • Papercore #6 : printed in Toulouse, this international DIY punk zine was born in 2019 as a friendship project throughout Spain and France. You can find in this issue : « an interview of YOU (zine maker from Australia), an article about DIY Bike Workshops, another for cassette duplication, recipes, reviews, illustrations. » (et c’est en anglais !)
  • 1095 Fois Rien : le défi d’Alex Ratcharge de raconter son année 2008 en trois cases de bédé par jour a donné naissance à ce fanzine improbable bourré de références punk ! Au programme : « dessins à la early Simpsons en 10 fois pire, pizzas surgelées Leader Price, bières et clopes à gogo, concerts, tournées, rouille, humour cynico-cosmique et squats à tous les étages. »

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La BIM en 2021

Et voici quelques photos des tables de la BIM en 2021. Un grand merci à toutes les personnes, collectifs, associations, festivals, etc. qui m’ont invité l’année passée !

La BIM continuera de plus belle en 2022 ! À bientôt ici ou là…

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Nouveautés Décembre ’21

Les éditions Divergences publient depuis 2016 des textes de critique sociale et politique. On peut notamment y trouver :

  • La terreur féministe, Petit éloge du féminisme extrémiste, Irene : « une réflexion sur la place de la violence dans la lutte contre le patriarcat » à travers l’histoire de femmes qui y ont eu recours pour se défendre ou tout simplement pour survivre.
  • Radicalisation Express, du gaullisme au Black Bloc, Nicolas Fensch : l’étonnant récit du parcours d’un·e des inculpé·es de l’affaire dite de la voiture de police brûlée quai de Valmy en mai 2016. C’est également un témoignage puissant sur l’enfer carcéral.

  • Défaire la police, Collectif : partant du constat que « l’institution policière est la garante d’un certain ordre, d’un certain régime de domination », ce livre permet de réfléchir à « comment résoudre nos conflits sans elle, comment la neutraliser, la priver de sa légitimité et de ses moyens ».

Les éditions Nada « publient des essais ou des récits ayant trait à la critique et à l’histoire sociales, à la littérature et aux arts. La question sociale, l’émancipation, les marginalités, les contre-cultures sont autant de thématiques qui sous-tendent sa ligne éditoriale ». Y ont entre autres été publié :

  • Petit Manuel anarchiste individualiste, E. Armand : ce recueil de textes publiés entre 1911 et 1925 expose « ce que pourrait être une société sans domination ni exploitation, fondée sur les libres ententes individuelles et la réciprocité, et respectueuse de l’autonomie de chacun ».

  • Alexandre Marius Jacob, Voleur et anarchiste, Jean-Marc Delpech : une biographie haute en couleur de l’honnête cambrioleur et de son ingénieuse bande (les Travailleurs de la nuit) qui choisissaient soigneusement leurs « victimes » (d’églises en villas bourgeoises) et reversaient une partie de leurs gains à des organisations et publications libertaires au tout début du siècle dernier.

  • Dépôt de bilan de compétences, David Snug : « dans cette nouvelle BD, David Snug s’inspire de son parcours professionnel pour nous livrer une critique du travail décalée et documentée. Héritier de Bob Black et Paul Lafargue, il dénonce avec humour l’absurdité du salariat et les travers du capitalisme tout en cultivant ce goût pour la liberté et l’autonomie qui lui sont chers. »

Tant qu’on est dans les bédés, Vent de face sortie aux éditions des trois canards donne « la parole à celles et ceux qui ne l’ont pas souvent, qui sont systématiquement invisibilisé·es ou caricaturé·es. Dans ces 250 pages, 13 personnes racontent à quoi peut ressembler la vie quand on est LGBT+, séropositif, victime de violences conjugales, travailleur·euse du sexe, migrant·e, quand on porte le voile ou un handicap ».

Cette maison d’édition amie avait déjà publié Coup deux barres, « le témoignage de deux personnes face à une grossesse non désirée », les difficultés rencontrées pour trouver de l’info sur le sujet et leur soutien mutuel et À quoi tu joues ?, un livre pour enfants (qui peut aussi être très instructif pour les adultes) sur les questions des jeux et jouets genrés et des stéréotypes et préjugés de genre.

Ici-bas a réédité en milieu d’année Destin d’Otto Nückel, un sombre et magnifique roman graphique sans parole, publié pour la première fois en 1926, qui raconte à travers 200 gravures sur plomb l’histoire de la destinée tragique d’une femme née dans la misère. Percutant, émouvant et révoltant !

Cette excellente maison d’édition toulousaine (qui s’appelait à l’époque CMDE) avait sorti en 2017, Quartier en guerre. À travers l’histoire de différentes personnes : punks, sans-abris, squatteur·euses, immigré·es, … Seth Tobocman, artiste majeur de la bédé underground américaine ayant participé à ces événements, nous livre avec brio l’histoire des luttes pour le logement et contre les violences policières à la fin des années 80 dans le quartier new-yorkais du Lower East Side. La solidarité et l’auto-organisation en actes !

Lettres d’insurgé·e·s paru chez Bus Stop Press à Marseille est un roman épistolaire en 2 volumes publié pour la première fois en 1976 à Détroit aux États-Unis. « Le roman est fait d’allers et retours de lettres entre deux personnes (Sophia Nachalo et Yarostan Vochek) qui ont autrefois participé ensemble à un soulèvement et une occupation d’usine. Séparé·e·s par la répression et des frontières pendant 20 ans, leur conversation reprend par une critique sévère de leurs choix de vies réciproques, ainsi que de leurs interprétations divergentes de l’événement qu’illes ont partagé. S’en suit une longue discussion sur l’implication individuelle dans des mouvements collectifs, la désillusion dans le fait « politique » et la récupération, mais aussi sur les écueils de la création d’alternatives. Le livre s’adresse à des personnes ayant perdu des illusions sur la possibilité d’un changement immédiat, sans pour autant pouvoir se résigner au conformisme ni s’empêcher de le désirer encore, avec une certaine ambivalence sur la question de l’espoir, qu’il soit passif ou non. »

S’occuper de son sperme et être contracepté·e est un petit livre/manuel qui aide à mettre en application le slogan féministe néerlandais des années 70 « Soyez responsables de votre propre sperme ! ». Il y sera donc question de contraception thermique dite masculine (remonte-couilles toulousain, anneau, …), grâce à de nombreuses informations et conseils pratiques sur le sujet, le tout s’inscrivant dans des réflexions antipatriarcales.

« Tumer fue s’adresse à celles et ceux qui ont refermé le célèbre bouquin pour arrêter la clope au bout de dix pages. Ou qui ne l’ont même pas ouvert. Avec son ton lourdingue de développement personnel et ses relents moralistes, ce livre paru dans les années 80 peut vite rebuter. Et pourtant la méthode fonctionne. Tumer fue en propose une réécriture pirate, une version critique et inclusive. « Il n’y a pas de cas particuliers ni de cas désespérés. Qu’on fume du matin au soir ou de manière occasionnelle, n’importe qui peut arrêter sans difficulté. Ce qui nous fait continuer à fumer, c’est la peur que la vie soit plus compliquée ou plus fade sans tabac, la peur de la privation, et la peur de rater quelque chose. » Cette méthode n’est ni un remède miracle ni un plaidoyer contre la clope. Si vous en avez marre de fumer, tentez le coup. Au pire, ça marche. »

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