Quelques nouveautés et réimpressions dans les bacs de brochures de la BIM… avec notamment les thématiques « antipsy », « lutte contre les frontières et l’enfermement » et « solidarités anarchistes » mises en avant.







Quelques nouveautés et réimpressions dans les bacs de brochures de la BIM… avec notamment les thématiques « antipsy », « lutte contre les frontières et l’enfermement » et « solidarités anarchistes » mises en avant.







Cambourakis arrive sur les tables de la BIM ! Cette excellente maison d’édition parisienne créée en 2006 publie entre autres de la littérature, des essais féministes, de la bédé, des livres pour enfants, et même des livres sur le vin et des recettes de cuisine :







La menthe sauvage de Mohammed Kenzi, publié une première fois en 1984, a été réédité l’an dernier par les éditions Grevis : « Né en Algérie près de Maghnia en 1953, Mohammed Kenzi débarque en France pendant la guerre. En 1960 il y rejoint, avec sa famille, son père devenu ouvrier et parti quelques années auparavant. Dans le bidonville, il voit la terreur se poursuivre par la misère et le racisme. L’intensité de l’écriture répond à celle du quotidien : des violences familiales à l’autorité brutale du père, de l’école buissonnière aux terrains vagues, des luttes étudiantes aux concerts de free jazz. Ce monde, pas si lointain, est celui dans lequel la vie se fraie un chemin malgré l’épaisseur du béton. »

Ma sélection Libertalia du mois comprend plusieurs nouvelles de Jack London, dont l’excellent récit La Peste écarlate : « Au milieu des ruines conquises par la flore et la faune sauvages, entouré de ses petits-fils quelque peu incrédules et goguenards, l’Aïeul raconte le monde d’avant. Celui qui un jour s’est effondré sous les coups d’un virus scarlatiniforme et meurtrier, emportant humanité et société, révélant la barbarie sous le fard de la civilisation. La Peste écarlate est un court roman d’anticipation publié en 1912, pionnier du genre post-apocalyptique. »


Premier livre en castillan sur les tables de la BIM, Atakta Poemata est un recueil de poèmes autoédité par le musicien Andreas Melas (Ataxía, Lekes, …). Il y est question de voyages, d’amour et de politique… et il est magnifiquement illustré !

Ollivier Desarmais nous livre avec La grosse démission, un polar pamphlétaire rigolard et survitaminé ! « – C’est n’importe quoi ! Ne dites pas de conneries Mandarin, les nantis ne se suicident pas, tout le monde sait ça, même le flic le plus con. Aussi pourri soient-ils, et Bienvenu était un record, ils ne se suicident pas ! Vous avez sauté le quarantième chapitre ? Et l’accident ? Moi, j’ai pu lire le dossier en première partie. Ça ne tient pas debout, qu’est-ce qu’il foutait là ? Vous avez vu la description du corps par le pompier ? Ça a tout du crime rituel ça ! Religieux ! Ça n’a même pas été évoqué. Il y a plus de trous que d’éléments dans cette enquête, c’est qu’une foutue tranche de gruyère ! »

Et voici deux anciens numéros (sur la psychiatrie et sur la drogue) du journal marseillais de critique et d’expérimentations sociales, CQFD (qui fête ce mois-ci 20 ans d’existence !). Il est disponible en kiosque tous les mois avec un dossier thématique et le meilleur moyen de soutenir ce bien chouette titre de presse libre est bien entendu de s’abonner ici. Peut-être atteindra-t-il un jour les 40 ans ?!

À propos de drogue, ASUD (AutoSupport des Usagers de Drogues) est une association créée en 1992 qui a pour but de « changer l’image des usager·es de drogues dans la société et à leur propres yeux, changer la loi qui pénalise l’usage simple et privé des adultes et transformer les « toxicos » en citoyens comme les autres, bénéficiaires de droits et de devoirs ». Elle publie depuis 63 numéros un journal qui traite de l’actualité des drogues (produits, consos, lois, …) et qui propose des enquêtes, des témoignages mais aussi des infos sur la Réduction Des Risques.

Le troisième numéro de Guerre à la guerre est bien dense ! Il y est question de la lutte antimilitariste sous une perspective anarchiste internationaliste (plusieurs traductions de textes allemands, italiens, …). On y trouve des analyses, réflexions, entretiens, tracts et recensement d’actions.

Depuis maintenant 36 numéros, le journal anarchie! conserve sa régularité mensuelle. « Il n’est ni l’organe d’un parti, ni la voix d’une organisation, mais l’expression des idées et des désirs de ceux et celles qui le font vivre ».

Extrêmement content de recevoir Basta ! Guide d’autodéfense féministe pour ados (et pas que…) de Maria Kronsky et Marion Le Muzic publié aux Éditions Goater. Cette bédé très intelligente donne des clés aux (jeunes) femmes pour les aider à faire face avec brio (et parfois avec humour) à de multiples formes d’agressions sexistes voire sexuelles en milieu scolaire (discriminations, cyberharcèlement, …), dans l’espace public (harcèlement de rue, exhibitionnisme, …) et dans l’intimité (relations abusives, …). Les autrices réussissent le pari de parler de ces sujets difficiles sans effrayer mais au contraire en insufflant une grosse dose de confiance, d’estime et d’acceptation de soi, bref d’empouvoirment ! « Posture, voix, communication, défense physique… tu y trouveras un ensemble de stratégies pour t’aider à vivre libre et en sécurité dans les lieux publics tout comme dans les espaces privés ! » Un livre pédagogique essentiel qui peut également être mis entre les mains des (jeunes) hommes, car c’est aussi et surtout à eux de comprendre les mécanismes d’oppression sexistes et de travailler à les éliminer en adoptant des comportements attentifs, respectueux et bienveillants…

Après Tata a de la barbe sous les bras, Anne-Gaëlle Morizur (texte) et Florence Dollé (illustrations) publient, toujours aux Éditions Goater, Ma grande soeur est un loup-garou. Cet album jeunesse traite de manière décalée du sujet du syndrome prémenstruel et permet d’engager ainsi la discussion et le débat avec les enfants comme avec les adultes. « Dino et Bruna sont frères et sœurs. Tous les mois, Bruna est d’une humeur massacrante et s’enferme dans sa chambre. Pour Dino, c’est sûr, elle se transforme en loup-garou… Un jour, il découvre une culotte ensanglantée dans le panier à linge. Ses soupçons se confirment : le loup-garou Bruna a agressé quelqu’un. »

Les éditions Goater publient également de la très bonne SFFF (Science-Fiction, Fantasy et Fantastique) grâce à la collection « Rechute » (qui rend hommage à l’emblématique collection des années 70 « Chute libre » des éditions Champ Libre). Y sont publiés des textes le plus souvent engagés et qui mettent parfois en valeur les auteur·es queers et non-blanc·hes :


Dernière parution chez Demain Les Flammes, Le dernier des hippies de Penny Rimbaud (cofondateur du groupe anarcho-punk Crass) est enfin disponible en français : « En 1975 décédait Wally Hope. Ce doux hippie rêveur était l’un des pionniers de l’organisation des festivals libres – notamment celui, mythique, de Stonehenge – qui égayèrent les années 1970 britanniques et effrayèrent jusqu’aux plus hautes sphères du pouvoir. Suicide pour les uns, assassinat pour les autres, sa mort reste aujourd’hui encore un mystère.
Dans ce texte effréné publié en 1982, Penny Rimbaud rend hommage à son ami parti trop tôt et pointe du doigt la responsabilité de l’État. Tout à la fois manifeste anarchiste, brûlot de la contre-culture, cri de douleur et appel à l’insurrection non violente, Le dernier des hippies est un classique de la littérature punk. »

Collectif d’édition indépendant basé à Lille, Les Étaques ont publié l’année dernière :

Trois nouvelles acquisitions chez Libertalia : les témoignages d’une trentaine de « francs-tireurs (anarchistes, situationnistes, communistes libertaires…) des années 68 » (Voyage en outre-gauche, Lola Miesseroff) ; un essai richement documenté et argumenté prônant la fin de l’enfermement (L’abolition de la prison, Jacques Lesage de La Haye) ; la genèse d’un groupe armé à la fin des années 70 (Action Directe, les premières années, Aurélien Dubuisson)

Mutines Séditions est une maison d’édition anarchiste créée il y a plus de 20 ans. Elle publie des textes qui accueillent « des réflexions et des interventions à travers lesquelles la pratique et l’expérimentation s’arment de toute leur détermination d’en finir au plus vite avec ce monde ». On y trouvera des traductions de textes italiens mais aussi des écrits historiques afin de « repeupler notre présent des possibilités toujours fécondes qui l’ont traversée » et de « proposer un dialogue fructueux entre les révolutionnaires d’aujourd’hui et ceux qui nous ont inspiré ».


Entre océans, forêts et volcans, La lutte radicale mapuche : « Dans les territoires habités par les communautés mapuche, dont les terres furent accaparées par des investisseurs capitalistes, défigurées par les exploitants forestiers, ravagées par les entreprises énergétiques, polluées par les industriels et colonisées par des suppôts de l’État chilien ; les dernières décennies ont été marquées par une lutte incessante. S’il existe une riche hétérogénéité et diversité parmi les organisations de lutte mapuche et les communautés mapuche en résistance, la lutte dans le Wallmapu se déroule principalement autour de deux axes. D’un côté l’occupation de terres investies par des entreprises capitalistes ou par l’État, afin de les arracher à leur contrôle et de les restituer aux communautés mapuche ; et de l’autre, une pratique constante et diffuse de sabotage, d’action directe et de lutte armée, visant tout ce qui matérialise la domination étatique et capitaliste sur les territoires du Wallmapu qui s’étendent des côtes du Pacifique (au Chili) à celles de l’Atlantique (en Argentine).
Si cette publication n’a ni la prétention, ni l’ambition d’expliquer en détail la cosmovision mapuche, leurs coutumes ancestrales, leur spiritualité, les rapports au sein de leurs communautés, elle vise plus modestement à donner un aperçu de l’ampleur de la lutte qui s’y déroule, principalement à travers les communiqués et des déclarations faites par les organisations de lutte ou les communautés mapuche en résistance. Une chronologie qui ne prétend pas non plus à l’exhaustivité accompagne ce recueil de textes – que nous publions non pas parce que nous y adhérons sans critique, mais parce qu’ils permettent de se faire une idée du panorama et des différentes expressions de la lutte radicale mapuche. »

Digne représentant de la presse libre en Occitanie, le trimestriel L’empaillé vient de sortir son numéro de printemps ! Toujours aussi offensif, on pourra y lire des témoignages locaux de la lutte contre la réforme des retraites, un entretien avec Gwenola Ricordeau au sujet de l’abolition de la police, un article sur le RSA sous conditions en Aveyron, les liens entre le géant de l’aéronautique Airbus et la russie de Poutine, une critique de la méthanisation industrielle dans le Lot et de la ZFE à Toulouse, une apologie du rugby à XIII, etc.

Deux nouvelles acquisitions de « la revue participative de rencontres culinaires » Ingrédient éditée par l’association marseillaise Le Bouillon de Noailles : « Aubergine » et « Faits maison ». Cette revue, qui donne la parole aux habitant·es du quartier qui nous partagent leurs meilleures recettes suivant la thématique du numéro, est à chaque fois illustrée par un·e illustrateur·ice différent·e.

L’excellente « revue d’histoires, cultures et luttes des montagnes » Nunatak revient avec un numéro 8 dans lequel sont entre autres questionnés : les clivages que l’on peut parfois constater entre les différents groupes sociaux habitant les zones rurales et de montagne (dans les articles « Faire la fête et boire des coups » et « Les gars du coin »), les arguments des promoteurs du très écoblanchi vélo à assistance électrique (dans « Transition à vélo, nuisances à gogo »), l’habile reconversion de l’entreprise Poma de l’industrie du tourisme à la gestion des déchets nucléaires (« Le tire-fesses, l’éolienne et le fût radioactif »), …

Une vingtaine de furieux·ses contributeur·ices dans ce #9 spécial déchets de Aд-RA, le graphzine psychédélico internationaliste de Lyon, avec des comics, collages, illustrations et une couverture sérigraphiée qui me fait dire : Faites gaffe hein ! Ça va finir par se voir que c’est vous qui tirez les ficelles du syndicat des poubelliers… 😉

« Nous avons souhaité, en lançant l’appel à contribution au coeur de l’été 2022, donner vie à une brochure qui prendrait le temps de faire le grand récit de l’aventure insomniaque, qui décrirait son pouvoir de nuisance et les épopées qu’elle nous fait traverser, qui expliciterait bien sûr nos tentatives pour lui échapper et nous rendormir. » Ainsi nous est présenté en introduction Insomnies, un recueil collectif en deux tomes, d’une cinquantaine de contributions : témoignages, récits, poèmes, illustrations, etc. De quoi permettre « l’évasion et la réassurance, l’échappée belle et la prise de force. Et glissé sous l’oeiller, il nous aidera à nous sentir moins seul·es quand le sommeil nous quitte. » Tu peux télécharger et lire le premier tome ici, et le deuxième tome là.

Psy psy est un entretien avec Lucie, membre du groupe d’entraide et de soutien psy du plateau de Millevaches dans le Limousin. Elle nous partage 10 ans d’expérience d’accompagnement de personnes en souffrance psychique en milieu rural afin que d’autres groupes puissent s’inspirer de ces pratiques et essaimer ailleurs.

Le label Bus Stop Press vient de sortir Cheaptoys #28. Encore une reliure différente pour ce fanzine toujours aussi pointu écrit en français et en anglais. Ce numéro tourne autour de l’album « F# A# ∞ » du groupe Godspeed You Black Emperor. On y trouvera des traductions de certains de leurs communiqués et d’une interview datant de 1999 et le texte enragé “Le problème avec la musique” du producteur Steve Albini (également guitariste de Shellac).

Here is the winter 2022 issue of Papercore, an international DIY punkzine. In this #8, there is a guide on how to go on tour, interviews of Janpalach (Ukraine) and Sangre de Muerdago (Galizia), Fluff Fest festival report, columns, reviews, comics, … (and it’s in english)

Et voici le nouveau Up The Zines #22 ! Jeff a une bonne cadence de sortie ces derniers temps, à l’image de la riche actualité fanzinesque et c’est toujours un plaisir de le lire. Pour celleux qui n’ont pas suivi, Up The Zines est un (pour ne pas dire LE) zine sur les zines. Toujours des longues interviews de fanzineux (ici Argyope/The Re(a)d Zone, Punkulture, Troubadour, Guillaume qui a réalisé le docu Fanzinat) et dans ce numéro, vingt-cinq chroniques de sorties récentes de fanzines dont quelques-uns que l’on peut trouver sur les tables de la BIM (Bobby Pins, Cheap Toys, Karton, Papercore, Punkulture, Ratcharge, Ventoline, Zinobium Pertinax). Une ré-fé-rence !

Et voici la 40ème publication de Ratcharge : « On y parle beaucoup de violence, de flingues, de meurtres, de culpabilité, de prison et de la possibilité d’une rédemption, mais aussi de non-violence ou encore d’humour, de drogues, de littérature, de cinéma, de bande-dessinée et de restaurants libanais interlopes en guise d’oasis dans des villes gentrifiées. Les gros morceaux creusés au fil de ces 52 pages artisanales au format magazine répondent aux noms de John Waters, Joseph Andras, Charles Manson, JM Bertoyas ou Black Mask/Up Against The Wall Motherfucker (gang de rue anarchiste dans le New York des années 1960), mais on y croise aussi, pour peu qu’on garde les yeux ouverts, des références à Valerie Solanas, Siltbreeze Records ou Johnny Depp, ainsi qu’une paire d’illustrations de Geoffray Kaiser. »

Après les récits de voyage The Last Best Place (dans le Nord-Ouest américain) et Vandura Hotel (l’Ouest canadien et l’Alaska), Delphine Bucher des Éditions de la dernière chance nous offre Scottish Carnage, un road-trip en solo en Écosse où elle y croise « Crachin persistant. Météo maussade. Midges virulents. Landes désolées et montagnes austères. Un paysage rude enfoui sous la brume. » Un voyage qui n’a (une fois de plus) pas été très facile mais dont j’ai vraiment apprécié la lecture.

« Recettes étranges, graphisme soigné et idées lumineuses, tout se trouve réuni dans le fanzine Cuizine. Même les amoureux de la restauration rapide ne pourront pas rester insensibles aux bonnes choses proposées dans ces pages. Cuizine a été créé dans le but de publier des dessins et de partager des recettes de cuisine. On peut le lire comme un carnet de voyage, un recueil illustré ou un livre de cuisine. »

Flemme Actuelle est un chouette fanzine brestois dont le #7 (sorti il y a déjà presque un an) est en fait un hors-série Spécial Pizza. « Grâce à la pizza, nous pourrions parler de frontières, d’amitié, d’autogestion, d’esclavagisme salarial, de politique post-covid, de lobbying, de monde d’après pire encore que celui d’avant, de virage autoritaire, de sauce tomate, de fruit de mer, d’ananas… NON, Stop ! Finalement non, nous ne parlerons pas de tout ça… » Au passage, un grand merci à Carole de nous avoir divulgué ses best tips de pizz’, trop coolax ! 😉

« Depuis 30 ans, Les éditions de l’Épure tracent en toute indépendance leur élégant sillon dans le monde du livre. (…) Insolite, l’objet épurien élève la gastronomie au rang du livre d’art et donne la part belle au texte, au graphisme et aux papiers de création. Si l’Épure est indiscutablement reconnue comme maison d’édition culinaire, il faut entendre alors la branche à contre-courant, décalée, à la limite de l’iconoclaste. »


Plus vite que le coeur d’un mortel, Max Rousseau & Vincent Béal aux éditions Grevis : « Ségréguée, paupérisée et vidée, Cleveland est passée du statut de métropole florissante à celui de cauchemar urbain. Massivement démolis, ses quartiers noirs sont progressivement rendus à la nature. Les conservateurs y extraient les dernières richesses tandis que racisme et austérité avancent masqués derrière des algorithmes. De ce paysage dystopique, une vision alternative émerge pourtant : celle d’un futur agricole et coopératif. Dix ans après le crash déclenché par l’effondrement des subprimes, ce livre offre une plongée dans l’épicentre de la dernière crise globale. En donnant la parole à celles et ceux qui sont confrontés au déclin extrême, il cherche à éclairer l’Amérique urbaine abandonnée. »

Je rajoute chaque mois sur les tables de la BIM quelques titres des Éditions Libertalia. Ce mois-ci, encore des classiques avec :

Petit livre autoédité au texte puissant, La forêt de l’agir a d’abord été publié dans Avis de tempêtes, Bulletin anarchiste pour la guerre sociale #40 en avril 2021. « Nos forêts, ce sont des rêves de petits groupes de saboteurs avec des bouteilles remplies dans leurs sacs-à-dos, de points de chute où on peut dormir tranquillement, de promeneurs nocturnes scrupuleux munis de scies et de pinces, de nuits passées à regarder les étoiles pour avoir les idées plus claires, de sources d’inspiration auxquelles abreuver nos coeurs lacérés par tant de dégoût et d’oppression, de brigands dépouillant les caravanes marchandes, de campements furtifs d’où partir à l’assaut. La forêt, c’est le monde souterrain où nous touchons la liberté dans notre agir. »

À couteaux tirés avec l’Existant, ses défenseurs et ses faux critiques, publié pour la première fois en 1998 en Italie, est un autre texte puissant développant une certaine projectualité anarchiste de l’insurrection et de la guerre sociale. En voici une traduction éditée par Mutines Séditions en 2007. « Nous pouvons ne rien faire, voilà la plus belle des raisons d’agir. Recueillons en nous la puissance de tous les actes dont nous sommes capables, et aucun maître ne pourra jamais nous enlever la possibilité du refus. Ce que nous sommes et ce que nous voulons commence par un non. De là naissent les seules raisons de se lever le matin. De là naissent les seules raisons de partir armés à l’assaut d’un ordre qui nous étouffe. D’un côté il y a l’existant, avec ses habitudes et ses certitudes. Et de certitudes, ce poison social, on en meurt. D’un autre côté, il y a l’insurrection, l’inconnu qui surgit dans la vie de tous. Le possible début d’une pratique exagérée de la liberté. »

La guerre du sous-sol, sixième cahier anarchiste internationaliste Hourriya, est un petit livre très bien documenté. « L’exploitation des matières premières constitue peut-être l’un des aspects matériels les plus crus du pouvoir au vu de la dévastation qu’elle provoque, mais elle révèle aussi profondément les rapports sociaux qui sont à la base de « cette marche du progrès ». (…) D’innombrables êtres humains et non humains sont sacrifiés chaque jour – réduits en esclavage, empoisonnés, exterminés, tués par des armes toujours plus puissantes et sophistiquées – pour la possession de ces éléments du sous-sol, piliers fondamentaux de l’édifice mondial de l’exploitation. Si la machine dévastatrice est fortement dépendante de l’extraction du charbon, du gaz, du pétrole, des minerais, … cela donne lieu à des guerres, des conflits sanguinaires, mais aussi à des luttes et des révoltes aux quatre coins du globe. »

Comment la police interroge et comment s’en défendre, publié par le Projet Évasions, est un livre qui peut être fort utile dans la période actuelle où le pouvoir est aux abois et ne tient que par sa police ultraviolente et sa justice classiste à la solde des puissant·es. N’oublions pas que la répression peut toucher chacun·e d’entre nous. « Un interrogatoire n’est pas un échange harmonieux entre deux individus. C’est un conflit. Et dans ce conflit, notre ignorance fait leur force. Ignorance sur le sens du travail de la police, ignorance sur les techniques de manipulation utilisées, ignorance sur le cadre juridique et enfin ignorance sur nos moyens de défense. En réponse à ce constat, après une année et demie de travail, nous avons le plaisir d’annoncer la parution d’un livre, pensé comme un outil d’auto-défense contre la pratique policière de l’interrogatoire. Afin que l’on puisse apprendre collectivement et individuellement à se protéger de la police jusqu’à ce que l’on jette cette institution dans les poubelles de l’histoire. »

Tumult est une maison d’édition proposant des « contributions anarchistes à la guerre sociale ». On y trouve plusieurs écrits insurrectionnalistes dont :


Dès sa parution, L’Envolée #56 a été censuré par le ministère de la justice et l’administraion pénitentiaire qui en ont interdit la diffusion en détention et ont fait saisir les exemplaires dans les cellules des personnes abonné·es. C’est la troisième fois en deux ans que ça arrive, sous le prétexte de la gratuité du journal et de sa « large diffusion », susceptible d’avoir « un retentissement important auprès des personnes détenues« . Depuis 2001, L’Envolée porte la parole de celles et ceux qui subissent et affrontent l’enfermement. Ce journal est un des rares espaces de libre expression collective des prisonniers et des prisonnières et cette censure traduit la volonté autoritaire de museler toute tentative de dénonciation des conditions de détention et de la violence du système carcéral. Une bonne manière de les soutenir est de faire connaître ce journal, de s’abonner et de commander ici des numéros à distribuer. Solidarité avec L’Envolée et Crève la taule !

Le #3 de l’excellent journal toulousain Torba est sorti en décembre dernier. Toujours aussi beau graphiquement, on y trouve des articles sur la ZFE (Zone à Faibles Émissions), le nucléaire, les questions énergétiques, le travail en intérim, l’interview d’une sage-femme, des brèves, un horoscope, des mots croisés, des sorties d’albums, …

Soleil Noir est un bulletin apériodique anarchiste qui existe depuis l’été 2020. Cette initiative individuelle consiste à compiler et diffuser des textes, des infos, des analyses éparpillées dans des fanzines, des revues, des journaux ou sur le net en y rajoutant un point de vue personnel. Le #4 date déjà de Juin 2022, « il y est question de guerre en Ukraine, d’anti-électoralisme, d’entraide, de la résilience comme nouvelle religion, d’Extinction Rebellion, d’antipatriotisme, d’appel à solidarité avec les anarchistes biélorusses emprisonnés et d’action directe comme d’habitude. » On peut aussi télécharger le #1, le #2 et le #3.

La Cimade, fondée en 1939, est une association de solidarité active et de soutien politique aux migrant·es, aux réfugié·es et aux déplacé·es, aux demandeur·euses d’asile et aux étranger·es en situation irrégulière. Elle a publié et récemment mis à jour ces deux brochures : Comprendre les migrations internationales et Lutter contre les préjugés sur les personnes étrangères, qui sont de très bons supports pédagogiques pour déconstruire les idées reçues et aider à parler de ces sujets sans approximation.

Karton #9 est sorti, youpi ! La couverture est maintenant épaisse (ça fait vraiment la différence), et est ici magnifiquement dessinée par Elías Taño. Ravi d’y lire les interviews du journal L’Empaillé, du groupe skin antifa la Brigada Flores Magon et des punks féministes Penadas Por La Ley. On y trouvera également les chroniques des derniers albums de Sarah ATH et de Syndrome 81, un texte sur le roller derby et la traditionnelle playlist d’un de leur pote.

Plus de 2 ans que Zélium n’avait pas sorti de numéro ! Et voici donc le #12 du fameux journal satirique avec un dossier thématique qui a du chien ! Plus de 50 dessinateur·ices ont participé à ce numéro pour fournir plus de 100 dessins de presse autour des questions animales. Une enquête sur les abattoirs, une autre sur la SPA, une interview d’un chien policier, … la fine équipe de Zélium est toujours aussi mordante. On pourra également y lire une chronique littéraire de l’anarcopâtissier Noël Godin, une chronique du philosophe-forain Alain Guyard et moultes autres surprises…

En 2022, la BIM est passée deux fois à la radio…
À l’occasion d’un épisode du cycle « J’aime lire » (sur les infokiosques, les éditions indépendantes, etc.) de l’émission Brasero de Canal Sud à Toulouse. Et ça s’écoute => ici <= N’hésite pas à écouter les trois autres épisodes dans lesquels tu pourras, entre autres, entendre le Kiosk, le Placard Brûle, la Bibliothèque Anarcha-Féministe, les éditions Blast et Terrasses.
Et puis lors de l’ultime festival de l’Intercollectifs qui fêtait ses 15 ans en octobre dernier. L’interview a été publiée sur la webradio du libre Onde Courte qui promeut le Do It Yourself et la culture du libre en diffusant uniquement de la musique et des podcasts sous licenses libres. Et tu peux l’écouter => là <=


Et voici quelques photos des tables de la BIM en 2022. Un grand merci à toutes les personnes, collectifs, associations, festivals, bars, etc. qui m’ont invité l’année passée !

« Créée en 2016, Nouriturfu est une maison d’édition à la ligne éditoriale en marge ou au coeur du comestible, ayant pour obsession d’emprunter de nouvelles pistes gastronomiques et agri-culturelles : aborder l’alimentation en tant que sujet à part entière et sous un angle éminemment sociétal, envisager les futurs de l’agriculture et de la cuisine, apporter un regard décalé ou engagé sur la nourriture, ceux et celles qui la produisent, la préparent, la pensent, la consomment… »



« Pourquoi le nom d’une rue disparue est-il devenu celui d’une maison d’édition ? À Lille, plus personne ne se souvient de la rue des Étaques, ce bastion populaire et contestataire aujourd’hui enseveli sous le beffroi de la mairie. Les éditions Les Étaques s’inscrivent dans cet héritage. Elles portent la voix et la mémoire de celles et ceux qui en sont dépossédés. Essai, roman, recueil, les livres publiés nourrissent la critique sociale et explorent des imaginaires subversifs. »

Reporterre est un média indépendant lancé en 2007 qui traite principalement de problématiques environnementales et sociales. Parallèlement au site internet, le « média de l’écologie » publie régulièrement des livres en collaboration avec le Seuil, et depuis cet été des « enquêtes imprimées » sous forme de brochures.


Quelques nouvelles acquisitions aux Éditions Goater de Rennes :


Et encore du Libertalia avec ces grands classiques de Jack London et George Orwell ainsi qu’une « suite » du chef d’oeuvre de Fernando Pessoa, Le Banquier anarchiste.

Aux éditions Grevis, Rien ne résiste à la joie de vivre, Libres propos sur la liberté souveraine, Raoul Vaneigem : « Que nous reste-t-il à espérer dans un monde aussi sombre, dévoré par le fascisme, le contrôle des corps et la marchandise ? Rien. Car tout est déjà-là : pour lutter contre la tristesse, le ressentiment et la haine qui partout gangrènent nos existences, Raoul Vaneigem lance ici un appel à la joie, à la liberté et à l’entraide. Par la poésie qui le caractérise, Raoul Vaneigem continue de tracer le sillon de sa pensée claire et sans concessions. : « Nous faudra-t-il crever de ne pas vivre pour réaliser que ceux qui gèrent nos existences la cancérisent ? » »

Et voici chez La Cabane d’édition, le magnifique Petit Manuel dessiné du Bois de Brin de Brunelle Dalbavie : « Un petit manuel pédagogique et accessible à toustes pour mieux comprendre les enjeux et les techniques de la filière artisanale du bois, de la sylviculture douce à la charpente traditionnelle. »

Lou Achard, agronome et poète, a publié aux éditions Plaine Page Les temps qui courent, un recueil de poésie qui « aborde nos vies humaines dans la modernité qui est actuellement la nôtre. Celle que l’on considère souvent comme du vrai. Des formes différentes cohabitent le long du recueil, se complètent, offrent des respirations, des changements de rythme. La dimension orale est importante de cette poésie qui s’écoute, se lit, et se performe. Elle interroge parfois la langue par néologismes et s’accroche à la signification des mots par définitions. »

On trouvera dans le dernier numéro du graphzine psychédélico-précaire-lyonnais Aд-RA des bandes dessinées et collages tout rouges de Ratcharge, Olivier Voyou, Bike Sabbath, Antipathic et Suka Mabuk.

Ben justement, après Useless Joints (voir Nouveautés Février ’22), Suka Mabuk revient et nous livre dans ZUT! cinq histoires dessinées en noir et blanc, « sorte de réponse art brut aux Freak Brothers : ça parle de shit, mais aussi de joints, de THC, de cannabis, ou encore de gros pétards. »

Antipathic (un autre membre du collectif Aд-RA) a sorti Cancer Money, un zine compilant divers collages qu’il a réalisé et qui nous font entrer « dans un monde étrangement coloré, dangereusement extatique et singulièrement complexe. »

L’illustratrice Zaka, dans Les Portraits du 20ème, nous partage une vingtaine de portraits électriques où les yeux prennent une place particulière ; et dans I Adore You, une interprétation personnelle et dessinée d’un morceau des German Shepherds, un groupe californien de musique industrielle des années 80.

L’Empaillé #7 vient de sortir ! Extrait de l’édito : « C’est simple. On veut le retour des gilets, on veut des blocages de lycéens, des occupations d’amphis, d’usine, de sièges sociaux. On veut des assemblées générales de toutes sortes, partout, des action directes et des intersyndicales toutes les semaines, des pétitions et des barricades tous les lundis. On veut des manifs pacifiques et des feux d’artifice, des chemises arrachés et des séquestrations, des blocages et des auto-réductions. On veut être des milliers à chanter à l’unisson contre Macron et sa bande. Oh et puis c’est pas une rentrée sociale qu’on veut, c’est une année sociale ! » Et bim !

Basées à Rennes, les Éditions du commun « ont pour but le partage et la transmission de savoirs issus d’expériences, de pratiques et de recherche-action, que ce soient des savoirs individuels ou collectifs. Mais avant tout des savoirs produits par des personnes concernées et impliquées dans les sujets qu’elles évoquent. » On y trouve ainsi de la littérature du réel, des essais, des récits d’expériences collectives, … dont :



Quelques nouvelles acquisitions chez l’excellente maison d’édition montreuilloise Libertalia :



Toujours un plaisir de recevoir le dernier Up The Zines ! « Le but initial de ce zine est d’essayer de faire un annuaire des sorties des fanzines punks, en espérant donner envie au lecteur de se procurer d’autres fanzines. Ensuite, donner la parole à des auteurs de fanzines pour essayer de comprendre leur motivation. » Et ça fait une bonne quinzaine d’années que Jeff continue ce boulot d’archiviste. Dans ce #21, deux longues interviews (Du Pain Du Vin Du Bourrin et Psycho Disco) et 38 fanzines chroniqués, dont quelques-uns que l’on peut trouver sur les tables de la BIM (Bobby Pins, Cheap Toys, Cheribibi, Demain Les Flammes, Karton, Le Gospel, Psycho Disco, Papercore, Punkulture, Ventoline, Zinobium Pertinax).

Le Gospel est un site internet d’informations pointues sur la musique et ses alentours (littérature, cinéma, arts visuels). Il se décline depuis peu en une maison d’édition et depuis plusieurs numéros en un zine dont voici le #10 qui rend hommage aux « outsiders ». Il y est question d’histoires de disques perdus, d’un vendeur en vidéo-club dans les années 2000, de la revanche des femmes critiques de rock, d’un clippeur de rap par accident, de l’actrice Shelley Duval, de Harry Smith et son Anthology of American Folk Music, des groupes The Microphones, Chocolat Billy, Spitboy et beaucoup d’autres ! Il y a même une interview de Delphine Bucher des Éditions de la dernière chance (dont je parle dans les Nouveautés Juin ’22)… « Ce numéro 10 est donc l’occasion de se pencher sur des destins très variés d’artistes et d’artisans, du rap à la littérature beat, du dessin au cinéma alternatif, du punk rock à la country. »

Encore un nouveau Karton ! Dans ce #8 : une interview du groupe Bake Faltsua qui nous parle du Pays-Basque, de sa riche scène punk, des Gastetxes (les espaces d’organisation politique autogérés par et pour les jeunes et travailleur·euses) ; une interview de JOE1 (qui a fait la couverture de ce numéro), une illustratrice de Bologne qui évoque la scène punk hardcore italienne et ses projets de bédés ; une lettre de Libre Flot (datant de l’été 2021) depuis l’isolement à la prison de Bois d’Arcy ; des reviews d’albums de Zippo (rap) et Shooting Daggers (queercore) ; une interview de Loran, ancien Bérurier Noir et actuel Ramoneurs de Menhirs, etc. Bref, ce fanzine toulousain bilingue (fr/en) est toujours aussi dense et continue numéro après numéro à nous faire découvrir et partager avec passion les scènes anarcho-punk et diy européennes actuelles.

Gloire ! La Voix de Satan arrive sur les tables de la BIM ! C’est « une revue trimestrielle paraissant lors des solstices et des équinoxes. Dédiée à la spiritualité, la culture alternative, les arts extrêmes, le satanisme ésotérique, les illustrations diaboliques, l’Histoire de Satan, le cinéma et la musique. » Magnifiquement illustré, ce fanzine démoniaque donne la part belle aux représentations de Satan dans la culture : du black metal au rock psyché, de la littérature populaire à la bande dessinée, du cinéma de genre aux documentaires. Ajoutez à ça une pointe de magie, une louche d’ésotérisme et une bonne dose d’histoire de l’occultisme ! Les passionné·es à l’origine de ce fanzine très sérieux (mais avec parfois quelques touches d’humour) nous conduisent donc dans leur univers et nous partagent leurs codes qui feraient frémir plus d’un cul béni : le #11 (dernier numéro en date) est dédié à l’Ivresse et la Luxure ! Chaque numéro coûte bien évidemment 6,66 €.

Et voici Ventoline #4 sorti en mai dernier. Ce superbe fanzine musical exclusivement écrit et illustré par des femmes parle « de destins tragiques, de ce que le pogo peut nous apporter d’autres que des mandales, de revivalisme folk, de vie à partir en tournée, de Miami Bass d’ados vénères, d’arrière cuisine, de mauvais sentiments mis en chanson, de collectionnite, de teufs dans les bois et même d’un disque découvert dans Ventoline #1. »

Le #27 du fanzine Cheap Toys de Giz de Bus Stop Press à Marseille contient plusieurs textes en anglais mais aussi une traduction d’un texte des Diggers de San Francisco datant de 1978 sur la question de la gratuité, une réflexion sur l’usage de l’argent liquide, des photos de concerts et même quelques tips cuisine et DIY.

J’ai retrouvé quelques Rafale #3, le zine DIY sous-titré à juste titre « Le copain des bois de la débrouille ». Celui-ci date de fin 2016 et il n’y en a malheureusement pas eu d’autre depuis… « Voulant se concentrer sur l’aspect pratique des choses, et tout particulièrement sur leur détournement, Rafale, mains dans le cambouis jusqu’aux coudes, ignore les règles, les contraintes et les lois. Il ne théorise rien. Il prend acte et s’amuse, avec la connerie de la rage adolescente, avec la malice du contournement de tous les dispositifs nous environnant, avec la méchanceté de la pègre, avec la folie de la plèbe. » Ouvrir des panneaux de pub, rouler à l’huile, utiliser des plantes médicinales, détourner l’éclairage public, construire un poêle à bois, naviguer anonymement sur le net, … autant de petites astuces et facéties qui peuvent être utiles à tout·e pirate de l’existant !

Ani(mal) est un fanzine de 6col datant de 2018. « Adaptation animale dans un carnage humain » en collages et techniques mixtes.

PD La Revue est « un magazine qui parle des identités et des vies homosexuelles, par et pour les pédales et tapettes en tout genre, avec rage et tendresse à la fois. Entre revendications et empuissancement communautaire, la multiplicité des identités homos et les contradictions qu’elles charrient y sont abordées sans peur. » Le #4 aborde le thème de l’enfance avec des témoignages, analyses, récits, poèmes, photos, bédés et illustrations.

Le « journal casse-pierres du coin » Saxifrage vient de sortir son #25. On trouvera dans ce journal albigeois un long article sur la fermeture de la MJC de la préfecture tarnaise, un autre sur les containers à poubelles « connectés », un témoignage d’une travailleuse saisonnière dans un call center, …

L’âge de faire est « un périodique mensuel créé en 2005 qui traite des thèmes de l’écologie, de la citoyenneté et de la solidarité, au niveau local comme international. » Et il y avait un dossier spécial sur l’anarchisme dans le numéro d’avril dernier : rappels historiques, horizontalité, autogestion, antimilitarisme, hacking, black bloc, propriété d’usage, zads… Il est également question dans ce numéro du féminisme au Kazakhstan, des forêts brûlées en Sibérie, de la présence malfaisante de la fRance au Sahel, …

J’ai pris un peu de retard dans la mise à jour du blog, mais voici enfin les nouveautés du mois dernier :
Depuis pas mal d’années, Alex Ratcharge publie et participe à de nombreux fanzines sous forme de nouvelles, d’illustrations et de récits. La BIM diffuse déjà Entre un néant et un autre, Psycho Disco, Aд-RA et je suis très heureux d’avoir à présent sur mes tables Scumbag un recueil de deux de ses nouvelles, et son premier roman Raccourci vers nulle part aux Éditions Tusitala. On y suit, dans un récit à la première personne, l’histoire touchante et magistralement bien écrite d’un jeune punk, ses galères familiales, amicales et amoureuses. « La biographie de tout le monde » m’a-t-on soufflé… « En Raccourci vers nulle part résonnent l’énergie des «Angry Young Men», les larsens d’un concert de punk et les voix dissonantes d’une chorale de souris déglinguées. »

Les Éditions Goater ont été créées en 2009 à Rennes. On y trouve des livres en breton, des livres en LSF (Langue des Signes Française), mais aussi de la (très) bonne science-fiction/anticipation/fantasy, dont Blue de Joël Houssin (le créateur du personnage Dobermann adapté au cinéma) qui est une sorte de croisement entre la série de films Mad Max et le roman de Jean-Bernard Pouy Spinoza encule Hegel :

Ont également été publiés chez Goater des polars anar, avec notamment le jouissif Tuez un salaud de Colonel Durruti :

un excellent guide du sexe pour les femmes et les queers (très instructif aussi pour les mecs cis) :

et quelques albums jeunesse (très instructifs aussi pour les adultes) :

dont des beaux livres de coloriage dégenrés et féministes :

On reste dans cette thématique avec les Éditions des trois canards et leur dernière parution, Des féministes dans quel genre ? Pour un féminisme trans’ inclusif de Anormally : « Chaque fois que j’entends des propos transphobes tenus par des personnes se disant féministes, ça me rend triste. C’est pour ça que j’ai eu envie de faire une petite BD qui parle de la nécessité d’inclure les personnes trans dans la lutte féministe. En 20 pages, j’ai tenté une recette simple avec une pointe de féminisme matérialiste, un zeste de théorie queer, quelques miettes d’informations sur la transphobie et ses conséquences, le tout épicé d’un peu d’humour… ».

Quelque chose a changé est un roman d’anticipation autoédité par Lucie Heder. On y suit plusieurs personnes qui font face, à la ville et à la campagne, à une société de contrôle technologique. Leurs tentatives pour échapper à ce monde « connecté » s’entremêlent tout en évoquant leurs souvenirs et imaginaires d’enfance, le monde comme il était « avant » et peut-être même celui qu’il sera « après ».

Aller au fond l’été de Esther publié aux éditions Le Sabot tient de « la nouvelle, du poème narratif, du thriller ». On y suit le narrateur et Lola dans une ambiance caniculaire, torride, incandescente…

Ingrédient, « la revue participative de rencontres culinaires » éditée par l’association Le Bouillon de Noailles, nous confie depuis deux ans (et une dizaine de numéros) les recettes d’habitant·es de Noailles à Marseille sous forme d’histoires glanées dans le quartier, au gré de rencontres dans des lieux spécifiques ou de thématiques alimentaires. Un carnet de recettes pas comme les autres, où le plat nous est conté. Voici ici les numéros « Fermentés », « Coiffeurs », « Bar du peuple » et « Pain » :

Le café asso les Hauts Parleurs à Villefranche-de-Rouergue (12) vient de sortir son fanzine « qui régale » : choux farcis, curry de lentilles, lasagnes aux épinards, … plus d’une vingtaine de recettes dont des desserts et même des masques de beauté ! Il est superbement illustré et a été imprimé et façonné par l’équipe de Hors-Cadre. Et si vous voulez directement déguster les plats, la cantine des Hauts Parleurs est le jeudi midi… 🙂

Sous les verrous est la transcription, publiée par l’imprimerie L’Impatience, de l’enregistrement d’une conférence sur la prison donnée par Alfredo Bonanno à Bologne en 1993. Pour cet anarchiste italien, théoricien majeur de l’insurrectionnalisme, il s’agit pour que nous puissions tou·tes être libres de « revendiquer un monde sans aucune espèce de prison, et d’interpréter ce désir dans le sens offensif, de la destruction de la prison dans une optique révolutionnaire. »

Sortie en 2011 en Italie, l’autobiographie Ma peste de vie de Claudio Lavazza, emprisonné depuis plus de 25 ans en Espagne, a été traduite en français et publiée en 2018 par les éditions L’assoiffé. « Qui est Claudio Lavazza se comprend dès la première page de ce livre : les actions dont il est accusé parlent clairement. Un rebelle, un guerrier, qui a participé, ensemble avec tant de jeunes de sa génération, à la tentative de changer la société et le monde, assumant l’entière responsabilité de l’avoir fait avec tous les moyens adéquats. Son autobiographie n’est pas seulement un témoignage de plus sur la lutte armée de la fin des années 1970 et du début des années 1980, mais c’est aussi le portrait d’un homme qui, cas plutôt rare pendant les périodes de répression impitoyable de l’insurrection armée en Italie, ne s’est pas enfui à l’étranger pour se satisfaire des promesses de gouvernements plus ou moins protecteurs, n’a pas accepté la condition de réfugié politique, mais a poursuivi la lutte au-delà des Alpes, mettant en pratique avec une cohérence lucide les principes de l’internationalisme prolétarien et démontrant que, comme l’injustice et l’inégalité, l’urgence même de les combattre ne connaît pas de frontière. » LIBERTÉ POUR CLAUDIO ET TOU·TES LES AUTRES !

Ce recueil publié en mai 2022 recense une partie des textes et réflexions sorties depuis l’incarcération de Boris à Nancy en septembre 2020. On y trouvera entre autres : un rappel des faits, une lettre de Boris qui assume et explique pourquoi il a incendié deux antennes relais en avril 2020 dans le Jura, une analyse du dossier criminel, des recensions d’attaques et d’initiatives publiques solidaires, etc. Après quelques mois de coma artificiel suite à un incendie dans sa cellule en août 2021 durant lequel il a été grièvement blessé, Boris risque à présent, par une procédure de « mise sous protection juridique » d’être placé sous tutelle ou curatelle renforcée. « Boris porte des idées anarchistes combattant toute forme de pouvoir depuis des années, et il le paye une fois de plus au prix fort. Pour la démocratie, toujours plus vendue comme le seul horizon possible sous le paradigme de la liberté technologique, pathologiser des comportements dits « hors-normes » ou trop contestataires est une manière de tenter de les neutraliser pour imposer son hégémonie. » SOLIDARITÉ AVEC BORIS !

Quelques réimpressions de brochures plus ou moins récentes… la plupart sont disponibles en pdf sur infokiosques.net




